La deuxième édition du salon Money20/20 Middle East s'est achevée à Riyad du 14 au 16 septembre. Cet événement est désormais clairement devenu l'un des rendez-vous incontournables du calendrier mondial de la fintech, bien plus qu'un simple rassemblement régional. Il a réuni près de 400 intervenants (dont mes collègues de Fime et moi-même) et plus de 350 marques exposantes. Personnellement, j’ai trouvé que l’événement s’était nettement amélioré par rapport à l’année dernière : il avait été réorganisé sur deux halls au lieu de trois, ce qui facilitait grandement les déplacements d’une conférence à l’autre et d’un rendez-vous à l’autre ! Et c’était formidable de retrouver de vieux amis et d’en faire de nouveaux pendant les pauses-café et lors de la soirée de networking. Mais sur le plan professionnel, trois thèmes se sont clairement dégagés des différentes sessions :
1. L’IA progresse, mais la confiance reste un frein.Des sessions telles que « De la phase pilote à la commercialisation » et « La vie en pilote automatique » se sont moins concentrées sur ce que l’IA est capable de faire que sur la question plus épineuse consistant à laisser des agents IA gérer réellement l’argent pour le compte d’autrui : gouvernance des données, sécurité, conformité, et qui est responsable lorsqu’un « coup de pouce » de l’IA bascule dans la manipulation. Les commentaires circulant sur LinkedIn allaient dans ce sens : un professionnel a fait remarquer que « les démonstrations sont faciles, mais que les agents agissant pour le compte des utilisateurs nécessitent des données fiables et vérifiées, ainsi qu’une gouvernance claire » avant que les banques ne les laissent intervenir sur de véritables transactions. Fime réalise un excellent travail dans ce domaine ; j’ai donc trouvé fascinant de « comparer » notre approche en matière de garde-fous à celle d’autres initiatives du secteur.
2. L’Arabie saoudite se positionne comme un pôle de la fintech, et non pas simplement comme un pays d’accueil.L’événement a également servi de rapport d’étape sur la « troisième phase » de la Vision 2030, les responsables présentant la réglementation comme un catalyseur plutôt que comme un frein – en testant les innovations dans des « bacs à sable » avant de les autoriser à grande échelle. Un exemple concret : les travaux menés par la SAMA dans le cadre d’un « bac à sable » sur le financement de la chaîne d’approvisionnement ont déjà généré plus de 1,4 milliard de SAR d’activité avant même l’octroi des autorisations définitives. Les discussions sur l’intégration régionale ont également retenu mon attention : des progrès concrets semblent avoir été réalisés dans ce domaine. Les banques centrales d’Arabie saoudite et du Qatar ont convenu de rendre réciproques les cartes nationales (mada et HIMYAN) dans les deux pays, et la SAMA a annoncé qu’elle prendrait prochainement en charge Alipay+ et Tap to Pay d’Apple.
3. Les capitaux affluent rapidement vers les fintech grand public.L’activité de levée de fonds a été plus intense que lors de la première année : Tabby, acteur du « BNPL », a levé un tour de table de série F qui l’a valorisé à 6,5 milliards de dollars, et la société de paiements numériques barq a clôturé un tour de table de série A de 329,5 millions de dollars avec une valorisation de 1,85 milliard de dollars. À mes yeux, ces opérations, parmi d’autres, indiquent que les capitaux mondiaux affluent vers la région.
En dehors des salles de conférence, j'ai pris part à des discussions très intéressantes sur les stablecoins et les actifs numériques. Comme vous pouvez l'imaginer, la question de la souveraineté a été abordée à plusieurs reprises et je pense que ce sera un thème central dans les années à venir.